Ce document décrit les principales caractéristiques de la distribution TEX Live, une distribution complète de TEX pour Linux et autres Unix, Mac OS X et systèmes Windows.
Cette distribution peut être obtenue par téléchargement ou sur le DVD TEX Collection distribué par les groupes d’utilisateurs de TEX à leurs membres. La section 2.1 décrit brièvement le contenu de ce DVD. TEX Live comme TEX Collection sont produits grâce au travail des groupes d’utilisateurs de TEX. La description qui suit porte essentiellement sur TEX Live.
La distribution TEX Live comprend les binaires pré-compilés de TEX, LaTeX2e, Metafont, MetaPost, BibTeX et de nombreux autres programmes ainsi qu’une bibliothèque étendue de macros, de fontes et de documentations. Elle traite aussi de la composition de textes dans la plupart des langues utilisées dans le monde.
Les composants de la distribution TEX Live sont régulièrement mis à jour sur le site CTAN, http://www.ctan.org.
On trouvera à la fin du document, section 11 (page 82), un bref historique des principales modifications apportées au fil du temps à la distribution TEX Live.
Les utilisateurs des éditions précédentes de TEX Live sont invités à lire, avant toute mise à jour, la section 11.2 page 89 qui présente les principaux changements intervenus cette année.
TEX Live contient les exécutables pour les principales architectures Unix, en particulier Linux et Mac OS X. Les sources inclus dans la distribution devraient permettre de compiler les exécutables nécessaires aux autres systèmes d’exploitation.
En ce qui concerne Windows, seuls Windows 2000 et ses successeurs (XP, Vista) sont supportés ; les architectures antérieures (Windows 9x, ME et NT) ne le sont plus. Il n’y a pas d’exécutables 64-bit mais les versions 32-bit devraient fonctionner aussi sur les systèmes 64-bit.
Consulter la section 2.1 pour des solutions alternatives sous Windows et Mac OS X.
Vous pouvez installer TEX Live de deux façons différentes : soit en utilisant l’installeur qui télécharge toute la distribution sur Internet, soit à partir du DVD ce qui ne nécessite pas de connexion au réseau.
Vous pouvez aussi exécuter TEX Live directement depuis le DVD (ou depuis une image iso du DVD si votre système le permet) sans (presque) rien installer sur le disque dur.
Ces trois utilisations sont décrites en détail dans les sections suivantes, voici quelques remarques générales pour débuter :
La communauté TEX est à la fois active et conviviale ; la plupart des questions finissent par obtenir une réponse. Le support est pourtant informel, assuré par des volontaires et des lecteurs occasionnels, aussi est-il particulièrement important que vous fassiez votre propre travail de recherche avant de poser la question (si vous préférez un support commercial, vous pouvez renoncer à TEX Live et acheter un système payant ; voir une liste à http://tug.org/interest.html#vendors).
Voici une liste de ressources, classées selon l’ordre dans lequel nous recommandons de les utiliser :
L’autre aspect du sujet concerne l’aide à apporter aux personnes soumettant des questions. Les forums comp.text.tex, fr.comp.text.tex ainsi que les listes de diffusion texhax et gut sont ouverts à tous, aussi n’hésitez pas à vous y joindre, à commencer la lecture et à fournir de l’aide là où cela vous est possible.
Nous décrivons ici le contenu de TEX Collection qui est un sur-ensemble de TEX Live.
Le DVD TEX Collection contient les éléments suivants :
Les droits d’utilisation des fichiers présents dans CTAN, ProTEXt et texmf-extra diffèrent de ceux de TEX Live, pensez à lire les licences si vous envisagez de modifier ou de redistribuer certains de ces fichiers.
La distribution TEX Live est dans le sous-répertoire texlive du DVD TEX Collection. Les répertoires les plus importants situés à la racine de la distribution TEX Live sont énumérés ci-dessous :
– programmes de la famille TEX, rangés dans des sous-répertoires selon les plates-formes.
– une brève introduction et quelques liens utiles sous forme de pages html dans différentes langues.
– le code source de tous les programmes, incluant la distribution Web2C de TEX et Metafont.
– ensemble d’extensions et programmes auxiliaires (en particulier des éditeurs et des shells dédiés à TEX) ; ils ne sont pas installés par défaut.
– répertoire contenant les programmes et leur documentation ; ne contient ni les formats ni les extensions (la variable TEXMFMAIN de la section suivante pointe sur ce répertoire).
– répertoire principal où se trouvent les extensions, les fontes, etc., avec leur documentation (la variable TEXMFDIST de la section suivante pointe sur ce répertoire).
– répertoire contenant le reste de la documentation, le sous-répertoire doc est organisé par langue.
– scripts et programmes d’installation ; des versions de Perl et de Ghostscript (inaccessibles en dehors de TEX Live) ainsi qu’un nouveau visualiseur de fichiers PostScript ont été ajoutés pour Windows.
On trouve également, au même niveau que les répertoires mentionnés ci-dessus, les scripts d’installation et les fichiers README (disponibles dans différentes langues).
Le répertoire texmf-doc ne contient que de la documentation mais pas toute la documentation. Celle concernant les programmes (manuels, pages man et fichiers de type info est dans texmf/doc car les programmes correspondants sont dans texmf. De même, la documentation des extensions et formats est dans texmf-dist/doc. Les commandes texdoc ou texdoctk trouveront pour vous les documentations où qu’elles soient sur le disque. Le fichier doc.html du DVD contient une liste de liens bien utiles pour localiser les fichiers de documentation.
La documentation de TEX Live proprement dite est disponible dans le répertoire texmf-doc en plusieurs langues,
Nous donnons ici la liste complète des variables prédéfinies qui contiennent les noms des différentes arborescences de type « texmf » et l’usage qui en est fait. La commande texconfig conf retourne les valeurs de ces variables, ce qui permet de savoir où se trouvent ces différentes arborescences dans une installation donnée.
– contient les éléments essentiels du système, comme les scripts (web2c/mktexdir, etc.), leur documentation mais pas les formats ni les fichiers de macros.–
– contient les fichiers de macros (Plain, LATEX, ConTEXt, etc.,), les fontes, etc., de la distribution TEX Live ; rien ne devrait être ni ajouté ni supprimé dans cette arborescence.
– c’est là que l’administrateur de la machine doit placer les classes et extensions locales, les fontes non disponibles dans TEX Live, etc.
– contient les fichiers personnels (extensions, classes, fontes) de l’utilisateur ; ce répertoire est installé automatiquement dans le répertoire personnel de l’utilisateur.
– c’est là que les scripts updmap et fmtutil recherchent leurs fichiers de configuration en priorité. texconfig y place les versions modifiées des fichiers de configuration. Sous TEXMFHOME par défaut.
– c’est là que les scripts updmap-sys et fmtutil-sys recherchent leurs fichiers de configuration en priorité. texconfig-sys y place les versions modifiées des fichiers de configuration.
– c’est là que les scripts texconfig, updmap et fmtutil rangent les formats et les fichiers .map qu’ils produisent. Sous $HOME par défaut.
– c’est là que les scripts texconfig-sys, updmap-sys et fmtutil-sys rangent les formats et les fichiers .map qu’ils produisent.
La structure de l’arborescence TEX Live est par défaut la suivante :
– la distribution précédente,
– la distribution actuelle,
– exécutables Linux,
– exécutables Mac OS X,
– exécutables Windows,
– correspond à TEXMFMAIN,
– correspond à TEXMFDIST,
– correspond à TEXMFDOC,
– correspond à TEXMFSYSVAR,
– correspond à TEXMFSYSCONFIG,
– correspond à TEXMFLOCAL, normalement commun à plusieurs distributions TEX Live (2007, 2008, etc.),
– fichiers générés automatiquement par la distribution TEX Live précédente,
– fichiers générés automatiquement par la distribution TEX Live actuelle,
– correspond à TEXMFVAR,
– correspond à TEXMFCONFIG,
– correspond à TEXMFHOME, répertoire regroupant tous les répertoires de macros personnelles : texmf/tex/latex par exemple pour les fichiers de macros LaTeX, etc.
TEX Live contient, à part TEX lui-même (le programme tex) qui est figé sauf rares corrections de bogues, plusieurs extensions de TEX.
Voici quelques autres programmes couramment utilisés et présents dans TEX Live :
– traitement de la bibliographie.
– traitement des index.
– conversion DVI vers PostScript.
– visualisation DVI pour le système X Window.
– pilote DVI pour les imprimantes HP LaserJet.
– conversion DVI vers ou depuis du texte simple.
– couper/Coller de pages à partir de fichiers DVI.
– conversion DVI vers PDF, une autre façon de produire des fichiers PDF, concurrente de pdfTEX mentionné ci-dessus ; voir aussi les extensions ps4pdf et pdftricks pour d’autres alternatives.
– utilitaires PostScript.
– vérification de syntaxe LATEX.
– processeurs ConTEXt et PDF.
– conversion TEX vers HTML et XML.
La distribution TEX Live contient un grand nombre de fontes vectorielles de haute qualité : voir http://tug.org/fonts et texmf-doc/english/free-math-fonts-survey.
La première chose à faire est de récupérer le DVD TEX Collection ou de télécharger le programme d’installation par le réseau. Le programme d’installation s’appelle install-tl pour Unix et install-tl.bat pour Windows.
Les sections suivantes détaillent le processus d’installation.
Dans ce qui suit l’invite du shell est notée > ; les commandes de l’utilisateur sont en gras. Commandes à lancer dans un terminal sur tout système Unix pour travailler en mode texte :
Pour travailler en mode graphique :
La liste complète des options est donnée par
Attention : le matériel installé doit normalement être accessible à tous les utilisateurs de la machine ; si celui qui installe n’est pas root, il devra s’assurer que son umask est adapté, par exemple umask 022 ou umask 002. Consulter la documentation système pour plus de précisions.
Une distribution spécifique, MacTEX (http://tug.org/mactex), a été mise au point pour Mac OS X. Nous recommandons de l’utiliser plutôt que d’installer la distribution TEX Live en suivant la procédure indiquée pour Unix.
En effet, MacTEX permet des ajustements spécifiques pour le système Mac OS X et facilite la cohabitation entre plusieurs distributions TEX (MacTEX, gwTEX, Fink, MacPorts, ...).
MacTEX est très proche de TEX Live, les arborescences principales sont en tous points identiques, quelques répertoires contenant de la documentation et des applications spécifiques au Mac sont ajoutés.
Si vous utilisez l’installeur réseau ou si l’insertion du DVD ne lance pas l’installation automatiquement, double-cliquez sur install-tl.bat.
Il est également possible de travailler en ligne de commande ; dans ce qui suit l’invite du shell est notée >, les commandes de l’utilisateur sont notées en gras. Voici les commandes à lancer :
Pour travailler en mode texte :
La figure 1 page 16 présente l’écran principal de configuration en mode texte sous Unix/Linux.
Taper une des lettres proposées (en respectant la casse) suivie de « Entrée » (retour-chariot), l’écran se mettra automatiquement à jour.
L’interface est volontairement rudimentaire afin de permettre son utilisation sur le plus grand nombre possible de systèmes même avec des versions très dépouillées de Perl (un sous-ensemble de commande Perl est fourni pour Windows).
La figure 2 page 19 présente l’écran principal de configuration en mode graphique sous Windows. Les différences entre les options disponibles en mode texte et en mode graphique s’expliquent par le changement de système (GNU/Linux pour le premier, Windows pour le second).
Les options proposées sont censées être assez explicites, voici cependant quelques précisions.
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Available sets of binaries:
=============================================================================== a [ ] alpha-linux DEC Alpha with GNU/Linux b [ ] amd64-freebsd x86_64 with FreeBSD c [ ] hppa-hpux HP-UX d [ ] i386-freebsd Intel x86 with FreeBSD e [X] i386-linux Intel x86 with GNU/Linux f [ ] i386-openbsd Intel x86 with OpenBSD g [ ] i386-solaris Intel x86 with Sun Solaris h [ ] mips-irix SGI IRIX i [ ] powerpc-aix PowerPC with AIX j [ ] powerpc-linux PowerPC with GNU/Linux k [ ] sparc-linux Sparc with GNU/Linux l [ ] sparc-solaris Sparc with Solaris m [ ] universal-darwin universal binaries for MacOSX/Darwin o [ ] win32 Windows p [ ] x86_64-linux x86_64 with GNU/Linux
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La figure 3 présente les choix de binaires possibles en mode texte. Seuls les binaires correspondant à l’architecture détectée seront installés par défaut. Rien n’empêche d’en sélectionner d’autres si nécessaire, ce qui peut être intéressant dans le cas de serveurs en réseau ou sur des machines en « double boot ».
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Select a scheme:
=============================================================================== a [ ] TeX Live basic scheme b [ ] TeX Live scheme for ConTeXt c [X] TeX Live full scheme d [ ] GUST TeX Live scheme e [ ] GUTenberg TeX Live scheme f [ ] TeX Live medium scheme g [ ] TeX Live minimal scheme h [ ] TeX Live for Omega users i [ ] teTeX scheme j [ ] XML typesetting scheme
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Dans le menu « Scheme » (voir figure 4) on choisit un schéma général de configuration qui détermine un ensemble de collections à installer. Par défaut, on procède à l’installation de tout ce qui est disponible (option scheme-full). Des installations plus ou moins complètes sont proposées : minimal pour effectuer des tests uniquement, basic pour un système de base, medium ou teTeX pour des systèmes intermédiaires. Pour les francophones, l’option GUTenberg est une bonne base de départ. Le choix pourra être affiné à l’étape suivante.
Une fois choisi le schéma général, il est possible de d’ajouter ou de supprimer des composants, appelés ici collections. Il y a deux types de collections : les « Standard Collections » qui concernent les fontes, les extensions, les formats, etc. (voir figure 5) et les « Language Collections » qui permettent de préciser la liste des langues qui seront utilisables sur le système (indispensable !). Attention, si vous travaillez en mode texte, dans ces menus la casse des lettres est importante. En mode graphique, il suffit de cocher ou de décocher les cases en cliquant.
Il est possible de raffiner encore les choix mais il faudra alors utiliser le programme tlmgr ultérieurement, voir la section 6.
La racine de l’installation principale est donnée par TEXDIR qui vaut par défaut /usr/local/texlive/2008 sous Unix et %PROGRAMFILES%\texlive\2008 sous Windows. La liste des sous-répertoires de TEXDIR choisis par défaut est donnée à la section 2.3, page 10.
Il peut être nécessaire de changer la valeur de TEXDIR lorsque celui qui procède à l’installation n’a pas les droits d’écriture sur le répertoire TEXDIR (l’installation n’est pas réservée au super-utilisateur « root » ou « Administrateur »). Il est possible d’installer TEX Live dans le répertoire personnel d’un utilisateur, dans ce cas on peut choisir par exemple ~/texlive/2008.
Dans tous les cas, il est recommandé d’inclure l’année dans le chemin afin de pouvoir conserver plusieurs versions de TEX Live en parallèle. Rien n’empêche d’ajouter un lien symbolique (par exemple /usr/local/texlive-current) qui pointe sur la version actuellement utilisée. Ceci facilite les basculements d’une version à une autre.
Le répertoire TEXMFHOME (~/texmf par défaut) est destiné à regrouper les répertoires de macros personnelles. Le caractère ~ désignant le répertoire personnel est traité différemment, selon qu’il est utilisé dans TEXDIR – il s’agit alors du répertoire de l’installateur – ou dans TEXMFHOME, là ~ est traité dynamiquement utilisateur par utilisateur est vaut $HOME sous Unix et %USERPROFILE% sous Windows.
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<P> use letter size instead of A4 by default: [ ]
<F> create all format files: [X] <D> install font/macro doc tree: [X] <S> install font/macro source tree: [X] <L> create symlinks in standard directories: [ ] binaries to: manpages to: info to:
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La figure 6 présente le menu « Options » en mode texte. Normalement il n’y a pas lieu de modifier les choix par défaut. Voici quelques précisions cependant.
Lorsque vous êtes satisfait des réglages faits, il vous reste à taper I pour lancer le processus d’installation. Lorsque celui-ci sera terminé, sautez à la section 3.4 pour voir s’il y a d’autres choses à faire.
Taper ‘V’ pour choisir ce mode de fonctionnement, le menu qui s’affiche alors est présenté figure 7.