% ζάθεος \paragraph{\grk{ζάθεος} « tout à fait divin »} Le premier élément de cet adjectif est le préfixe intensif éolien \grk{ζα-}, qui correspond à l’att. \grk{δια-}. L’emploi intensif se développe à partir du sens propre de \grk{διά}, « à travers », lorsqu’il est préfixé à des verbes impliquant une séparation, par exemple \grk{διατέμνω} « couper en traversant », d’où « couper complètement »; de là le préverbe peut être transféré à d’autres verbes, où l’idée de séparation est absente, ainsi \grk{διαρκέω} « suffire tout à fait ». L’éolien étend en outre cet emploi aux composés nominaux, comme ici; citons encore \grk{ζατρεφής} « bien nourri », \grk{ζάχρυσος} « où l’or abonde ». La métrique montre qu’un \grk{ι} en hiatus peut subir une coalescence (une synérèse, en termes de métrique) avec la voyelle suivante, ainsi \grk{καρδίᾱ} scandé ¯ ¯: la séquence \grk{ιᾱ} forme une diphtongue, au lieu d’être prononcée sur deux syllabes. Dans certains cas, en éolien, l’abrègement de l’\grk{ι} va jusqu’à une prononciation consonantique, ce qui se produit pour le préfixe \grk{δια-}: \begin{quote} [dia] > [di̯a] (formation d’une diphtongue par coalescence) > [dya] (passage à l’état consonantique). \end{quote} Les groupes [dy] récents qui se forment ainsi évoluent comme les groupes [dy] anciens (cf. *dyēus > \grk{Ζεύς}): \begin{quote} [dy] > [dzy] (articulation affriquée due à l’influence de la palatale suivante, cf. évolution parallèle de [ty] en [tsy] puis [s], et assibilation de [t] devant [i]) > [dz] (simplification du groupe) > [zd] (interversion). \end{quote} \grk{Διά} est sûrement apparenté au préverbe *dis-, attesté en latin et en germanique, mais la correspondance n’est pas exacte; on a supposé que par influence de prépositions terminées par \emph{a} (\grk{κατά}, \grk{παρά}) le grec commun ait refait *dis en *disa > *diha > \grk{διά}.